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Pénalités de remboursement anticipé : comment elles se calculent

Publié le 5 min de lecture

Rembourser avant la fin du terme coûte souvent le plus élevé de deux montants : trois mois d’intérêt ou le différentiel de taux. Le contrat fixe la formule. La Loi sur l’intérêt limite la pénalité après cinq ans pour certaines hypothèques ; demandez le montant exact par écrit.

Pourquoi une pénalité existe

Quand vous empruntez à taux fixe pour un terme, le prêteur compte sur les intérêts de toute cette période. Un remboursement anticipé lui retire ce revenu.

La pénalité compense cette perte. Elle est écrite dans le contrat que vous signez.

Ce guide décrit les mécanismes courants. Les chiffres de votre prêt dépendent de votre contrat.

Les deux formules les plus courantes

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) explique que la pénalité est généralement le plus élevé de deux montants.

  • Trois mois d’intérêt sur le solde que vous devez encore
  • Le différentiel de taux d’intérêt, appelé aussi DTI

Le DTI compare l’intérêt qui reste à payer sur le terme à deux taux : le vôtre et un taux courant. L’écart est multiplié par le solde et par le temps qu’il reste.

Selon l’ACFC, un prêteur applique souvent le DTI quand votre taux est plus haut que le taux actuel. Il le fait surtout si vous avez signé il y a moins de cinq ans.

Un exemple de l’ACFC, pour un solde de 200 000 $ à 6 %, avec 36 mois à courir. Les trois mois d’intérêt donnent environ 3 000 $. Le DTI donne environ 12 000 $. La pénalité serait donc de 12 000 $.

Cet exemple illustre un prêt aux particuliers. Votre prêt commercial peut suivre une autre formule.

Ce qui fait varier le DTI

L’ACFC note que le DTI repose souvent sur les taux affichés des banques. Quand ces taux changent, la pénalité peut changer beaucoup.

Chaque prêteur a sa façon de choisir le taux de comparaison. Deux prêts semblables peuvent donc coûter des pénalités différentes.

Lisez la définition du taux de comparaison dans votre contrat. Demandez au prêteur de la confirmer par écrit.

Les clauses de fermeture et les privilèges de remboursement

Un prêt fermé limite les remboursements pendant le terme. Un prêt ouvert les permet sans pénalité, selon l’ACFC.

Les privilèges de remboursement sont une zone entre les deux. Ils vous laissent rembourser une somme par année sans frais.

  • Augmenter le versement régulier d’un pourcentage fixé
  • Verser une somme forfaitaire jusqu’à un plafond
  • Ne pas reporter d’une année à l’autre ce qui n’a pas été utilisé

Ces règles se trouvent dans votre contrat. Chaque prêteur fixe les siennes.

BDC range aussi les restrictions de remboursement anticipé parmi les frais possibles d’un prêt hypothécaire commercial. Cherchez dans votre contrat la clause qui fixe la période fermée.

Calculer sa propre estimation aide à poser les bonnes questions. Les trois mois d’intérêt se calculent ainsi : solde, multiplié par le taux annuel, divisé par quatre.

Sur un solde de 400 000 $ à 5 %, cela donne environ 5 000 $. Ce calcul est un exemple d’arithmétique, pas une offre. Il ne remplace pas le chiffre de votre prêteur.

L’ACFC précise que la pénalité inclut parfois des frais d’administration. La formule exacte reste celle de votre contrat.

Le prêteur d’un prêt commercial peut ajouter ses propres mécanismes. Lisez la clause du début à la fin, y compris les définitions.

Ce que dit la loi

La Loi sur l’intérêt, une loi fédérale, contient une règle qui touche les hypothèques sur immeuble. Voici ce que le texte prévoit, tel que publié sur le site de Justice Canada.

Prenons une hypothèque dont le capital n’est payable qu’après plus de cinq ans. Après ces cinq ans, l’emprunteur peut la rembourser. Il paie le solde dû, plus trois mois d’intérêt au lieu d’un préavis. Il ne doit ensuite plus d’intérêt.

Cette règle comporte des exceptions. La loi exclut certaines hypothèques consenties par des sociétés par actions ou d’autres personnes morales.

Si votre entreprise est une société, ne présumez pas que la règle vous protège. Demandez à un notaire ou à un avocat si elle s’applique à votre hypothèque.

La même loi interdit des frais ou pénalités sur les arrérages qui dépasseraient le taux du capital. C’est un autre sujet : il vise les retards de paiement, pas le remboursement anticipé.

Dans la pratique, cette règle compte surtout pour les longs termes. Un terme de cinq ans ou moins ne l’atteint pas, puisque les cinq ans doivent d’abord s’écouler.

Vérifiez la date de l’hypothèque et la date d’échéance du capital. Ces deux dates disent si la règle entre en jeu.

Comment réduire ou éviter la pénalité

L’ACFC propose plusieurs moyens, décrits pour les prêts aux particuliers. Ils valent la question pour un prêt commercial.

  • Utiliser à fond vos privilèges de remboursement chaque année
  • Attendre la fin du terme pour un gros remboursement
  • Transférer le prêt à un nouvel immeuble, si le contrat le permet, au lieu de le rompre
  • Demander au prêteur une prolongation du terme avec taux mélangé

Dans la prolongation avec taux mélangé, le prêteur étend votre terme avant son échéance. L’ACFC précise que cela se fait généralement sans pénalité, mais que des frais d’administration peuvent s’appliquer.

Un remboursement partiel suit la même logique. L’ACFC explique qu’une pénalité peut s’appliquer si vous dépassez le montant permis par vos privilèges.

La vente de l’immeuble déclenche aussi un remboursement complet. L’ACFC range la vente parmi les cas où une pénalité peut s’appliquer. Si vous prévoyez vendre, lisez la clause avant d’acheter, pas après.

Enfin, l’ACFC indique que certains prêteurs limitent les remboursements forfaitaires près de la date de rupture. Faites vos versements bien avant.

Quoi faire ensuite

Avant de signer un prêt, repérez dans le contrat la période fermée, la formule de pénalité et vos privilèges. Avant de rembourser, demandez au prêteur le montant exact par écrit.

Ajoutez les frais de mainlevée et d’administration au total. Le guide sur les frais cachés d’un prêt commercial en donne la liste.

PMECAP est un comparateur gratuit et ne prête pas. Les guides sur le refinancement et le financement commercial expliquent comment un dossier est transmis à un cabinet de courtage inscrit auprès de l’AMF.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le différentiel de taux d’intérêt?

C’est l’écart entre votre taux et un taux courant, appliqué au solde pour la durée qui reste. La formule exacte est dans votre contrat.

La pénalité est-elle toujours de trois mois d’intérêt?

Non. L’ACFC la décrit comme le plus élevé de trois mois d’intérêt et du différentiel de taux.

La règle des cinq ans de la Loi sur l’intérêt vaut-elle pour mon entreprise?

Pas forcément : la loi exclut certaines hypothèques consenties par des sociétés. Faites confirmer par un notaire ou un avocat.

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